Douleurs au pouce : le poids joue-t-il un rôle ?

Balance et mètre ruban sur fond gris.

Le lien entre arthrose et poids est souvent évoqué, en particulier pour les genoux ou les hanches. Mais qu’en est-il de l’arthrose du pouce, aussi appelée rhizarthrose ?
Le pouce ne supporte pourtant pas le poids du corps. Et pourtant, plusieurs mécanismes aujourd’hui bien décrits montrent qu’il existe une relation indirecte entre poids, inflammation et douleurs, y compris au niveau de la base du pouce.

Comprendre ce lien permet de mieux appréhender la maladie, sans culpabiliser, et d’envisager une prise en charge plus globale.

Arthrose et rhizarthrose : de quoi parle-t-on ?

L’arthrose est une maladie articulaire chronique marquée par une dégradation progressive du cartilage, le tissu qui permet aux os de glisser l’un contre l’autre sans douleur. Avec le temps, cette altération peut entraîner douleurs, raideurs, perte de mobilité et gêne fonctionnelle.

La rhizarthrose est une forme d’arthrose localisée à la base du pouce, au niveau de l’articulation trapézo-métacarpienne.

C’est une atteinte fréquente, notamment chez :

  • les personnes de plus de 50 ans,
  • les femmes,
  • les personnes dont les mains sont très sollicitées dans les gestes du quotidien ou professionnels.

Cette articulation joue un rôle central dans la préhension, ce qui explique l’impact important de la rhizarthrose sur les activités courantes.

 Comprendre l’anatomie du pouce 

Le poids : un facteur bien connu pour certaines arthroses

Pour les articulations dites portantes (genoux, hanches, chevilles), le lien entre surcharge pondérale et arthrose est clairement établi.
Un excès de poids entraîne :

  • une augmentation des contraintes mécaniques,
  • une accélération de l’usure du cartilage,
  • un risque accru de douleurs et de limitation fonctionnelle.

Mais cette explication mécanique ne suffit pas à comprendre ce qui se passe au niveau des mains et du pouce.

Pourquoi parler de poids dans la rhizarthrose ?

Contrairement aux idées reçues, le lien entre poids et rhizarthrose ne repose pas sur une surcharge mécanique directe.
Il s’explique par un autre mécanisme aujourd’hui largement reconnu : l’inflammation chronique de bas grade.

Ces dernières années, la vision de l’arthrose a évolué. Elle n’est plus considérée uniquement comme une simple « usure », mais comme une maladie dans laquelle l’inflammation joue un rôle important, même lorsqu’elle est peu visible.

Balance de poids sur un sol en boiss.

Le tissu adipeux : un acteur inflammatoire méconnu

Le tissu adipeux (la graisse corporelle) n’est pas un tissu passif.
Il s’agit d’un organe actif, capable de produire des substances appelées adipokines.

Ces molécules :

  • favorisent un état inflammatoire chronique de bas grade,
  • circulent dans l’ensemble de l’organisme,
  • peuvent influencer l’évolution de nombreuses pathologies, dont l’arthrose.

Même si le pouce ne supporte pas le poids du corps, cette inflammation diffuse peut :

  • accentuer la sensibilité articulaire,
  • majorer les douleurs,
  • contribuer à l’évolution de la rhizarthrose.

Ce mécanisme est aujourd’hui bien décrit dans la littérature scientifique en rhumatologie.

Inflammation et douleurs du pouce : un terrain parfois aggravant

Dans la rhizarthrose, l’inflammation est déjà impliquée localement :

  • inflammation de la membrane synoviale,
  • réactions autour de l’articulation,
  • poussées douloureuses parfois fluctuantes.

Un terrain inflammatoire général, favorisé par un excès de tissu adipeux, peut alors :

  • rendre les douleurs plus intenses,
  • prolonger les phases douloureuses,
  • compliquer la gestion des symptômes au quotidien.

Il ne s’agit pas d’une relation systématique, mais bien d’un facteur aggravant possible, variable d’une personne à l’autre.

Perte de poids : un levier possible, sans injonction

Il est essentiel de le rappeler : le poids n’est ni la cause unique, ni une explication suffisante de la rhizarthrose.

De nombreuses personnes minces souffrent de rhizarthrose, et inversement.
En revanche, lorsqu’un excès de poids est présent, une perte même modérée peut contribuer à :

  • réduire l’inflammation générale,
  • améliorer le confort articulaire,
  • faciliter certains gestes du quotidien,
  • avoir un impact positif sur la santé globale.

L’objectif n’est pas la performance ni la norme, mais le mieux-être fonctionnel, dans une approche individualisée.

Une prise en charge globale de la rhizarthrose

Aborder le lien entre poids, inflammation et rhizarthrose permet de rappeler que la prise en charge ne se limite pas à l’articulation du pouce seule.

Elle peut inclure :

  • l’adaptation des gestes du quotidien,
  • le recours à des orthèses ou aides techniques,
  • une activité physique adaptée,
  • la prise en compte de l’inflammation,
  • un accompagnement nutritionnel si nécessaire,
  • et, dans certains cas, des options médicales ou chirurgicales.

Chaque situation est différente, et les solutions doivent toujours être personnalisées, en lien avec des professionnels de santé.

Consultation avec un spécialiste en santé.

À retenir

✔ Le pouce ne supporte pas le poids du corps, mais
✔ le surpoids peut favoriser un terrain inflammatoire général,
✔ susceptible d’influencer les douleurs et l’évolution de la rhizarthrose.
✔ Comprendre ces mécanismes permet d’envisager une approche plus globale,
✔ sans culpabilisation et adaptée à chaque personne.